Philosophie etiketine sahip kayıtlar gösteriliyor. Tüm kayıtları göster
Philosophie etiketine sahip kayıtlar gösteriliyor. Tüm kayıtları göster

12.11.2012

Ici et maintenant



               Faire émerger un monde et un homme nouveaux !


            Ici et maintenant, Bodrum , le 12 novembre 2012


( Lettre dédiée à tous mes étudiants de l’Université Galatasaray et notamment à mes étudiants de Philosophie )


“Si vous voulez savoir où vivent Dieu, les bouddhas et tous les grands êtres , je peux vous le dire. Voici leur adresse: ici et maintenant. C’est tout ce qu’il vous faut savoir, y compris le code postal.”( Thich Nhat Hanh, Il n’y a ni mort ni peur, Editions de la Table Ronde, 2002 )

Thich Nhat Hanh . Oui, mais je pourrais aussi bien citer Eckhart Tolle, Osho Rajneesh, Krishnamurti, et bien d’autres encore ! Mais pourquoi donc cette obsession des “guides” ou des “éveilleurs” , de tous les guides sans exception, à nous rappeler sans cesse cette “réalité”, à vouloir nous ramener toujours et sans cesse au moment présent ? Qu’y a-t-il de si mystérieux ou de si puissant dans le présent ?

Comme s’il n’y avait rien d’autre de plus important ! Quoi donc, toute la sagesse du monde contenue dans cette simple et banale expression ? Mais d’abord, est-ce que nous sommes  sûrs de comprendre ce que cela signifie ? Qu’est-ce donc que ce qui est désigné par ce mot MAINTENANT ? “Maintenant ou jamais”, dit-on pour mettre l’accent sur l’importance d’une action ou d’une décision .

Comme je l’écrivais dans mes poèmes de jeunesse, maintenant est “un entre-deux, une anguille redoutable qui nous glisse entre les doigts” . Insaisissable ou bien difficile à saisir? Avez-vous remarqué avec quelle adresse  les ours arrivent à saisir les saumons ? C’est que leur survie en dépend! Alors, leur concentration et leur vigilance sont extrêmes à ce moment précis, juste à ce moment-là et peut-être pas à un autre moment !

La question est la suivante: peut-on être tout le temps, c’est-à-dire à chaque instant dans le moment présent ? Peut-on continuer à vivre et à être uniquement dans le présent en même temps? Notre vigilance et notre concentration sur le maintenant ne nous empêchent-ils pas de faire autre chose ? Car vivre intensément le présent, cela signifie être totalement dans le présent, cela signifie avoir une conscience pleine et totale à chaque instant qui passe.Est-ce possible ? Est-ce cela qu’on appelle la spontanéité véritable ?

Présent signifie présence ! Comprenez-vous ce que cela représente ? Avez-vous déjà vécu des moments de totale présence ? Ils sont rares mais inoubliables. Ils correspondent à ce que l’on appelle des “mini-satoris” (terme utilisé dans le Bouddhisme Zen , équivalent de”bodhi” en sanskrit = éveil ), c’est-à-dire de courts  moments d’éveil pendant lesquels on a l’impression d’être plus vivant que jamais, que le temps s’arrête, que l’éternité est là, concentrée dans une seule seconde .

La seule façon, nous disent tous les “éveilleurs”, d’être totalement dans le présent, c’est d’être
totalement présents à nous-mêmes et à la situation dans laquelle nous nous trouvons, c’est-à-dire d’être complètement centrés en nous-mêmes, de ne pas être ailleurs ( mais ici), de ne pas être dans un autre temps que le maintenant ( exit donc le passé et le futur ), en somme d’être dans la pleine conscience de ce que l’on est à ce moment-là., et ce d’instant en instant, c’est-à-dire dans tous les instants qui se succèdent et qui forment ce que nous appelons la ligne temporelle.

Ainsi donc, ici et maintenant = pleine et totale présence= pleine et totale conscience=
éveil total et “sans supérieur” (selon la formule consacrée des Bouddhistes ! ).
Maintenant, que nous reste-t-il à faire ? A le vivre, à l’appliquer, en tout cas à s’efforcer
de l’appliquer, c’est-à-dire à se rappeler cela à chaque moment et autant que faire se peut
( c’est le “rappel de soi”, que préconisait Gurdjieff, nous informe Osho Rajneesh dans l’un de ses nombreux ouvrages Etre en pleine conscience, une présence à la vie, Editions Jouvence, 2005 ), c’est-à-dire de se rappeler à chaque seconde qui passe, à chaque inspir/expir, qui nous sommes véritablement.

Si j’avais à réécrire le cheminement suivi par René Descartes lors de l’exercice philosophique du doute systématique qu’il a utilisé pour arriver à la conclusion suivante “Je pense donc je suis”, je remplacerais le “cogito” par la formule suivante: Je suis conscient donc je suis . Ainsi je remplacerais la pensée, le mental par une faculté beaucoup plus large et subtile: la conscience . La différence est de taille et tous les “guides spirituels"  le savent fort bien , eux qui “étrillent” systématiquement le mental, ce dictateur de notre intériorité. Car ils savent fort bien que ce dernier prend malheureusement trop de place dans notre perception du monde, de la vie, de la réalité et de nous-mêmes.

La conscience , c’est cette faculté très subtile, très ténue et en même temps fragile, mais
très globale, très large qui fait que nous sentons, nous percevons notre existence, notre présence et notre environnement bien mieux et bien plus complètement que notre mental,
lequel possède un “spectre” et un champ d’action beaucoup plus limités ! Ce dernier veut nous convaincre que notre conscience se limite à nos perceptions sensorielles , lesquelles sont “évidemment subjectives” , sujettes à erreurs et ne peuvent donc nous apporter des informations “objectives” .(sic !)

La conscience, pour moi, surplombe et englobe tous les outils que la nature a mis à notre disposition pour appréhender la réalité: le mental, nos sens, nos émotions et nos sentiments, nos impressions et nos ressentis, nos intuitions, nos inspirations... Ainsi, ce qu’on appelle notre faculté  de penser n’est qu’un outil parmi les autres et nous en avons fait le seul maître de notre intériorité, le seul étalon de notre “jugement” et de notre “vision” du monde, le “leader” incontesté de notre existence.

Notre approche du monde et de la réalité dépend-elle donc uniquement d’un outil parmi les autres ?  Quelle limitation dans notre regard , quelle atrophie pour nos autres facultés, lesquelles pourraient nous fournir tellement d’éléments et d’informations !...

Remettre le mental à sa place et revenir à une perception plus riche, plus complète et plus globale de la vie me semble infiniment plus sage : car que possédons-nous, dans la vie, de vraiment sûr, sinon cette conscience absolue d’être présent ? Notre seule richesse, notre seule véritable réalité c’est ici et maintenant, et c’est à partir de cette certitude que nous pouvons déployer notre être véritable et profond ! Tout le reste n’est qu’échafaudage mental, c’est-à-dire illusion ! Voilà pourquoi les “éveilleurs” insistent tellement sur ce point, car c’est la seule porte (étroite, certes) qui ouvre sur la Réalité totale, sur la Vie.

En conclusion, je dirai tout simplement qu’un peu plus de conscience et un peu moins de recours systématique à notre mental équilibreraient nos existences et apporteraient au monde plus de sagesse, de lumière et d’amour ! Essayons cela dans notre vie de tous les jours et nous verrons la différence !


                                                           Bodrum, le 12 novembre 2012, ici et maintenant !
                                                           Avec toute mon amitié !

12.07.2012

Je vous propose de rêver !...

"I have a dream !..." Ces fameuses paroles du Pasteur Martin Luther King résonnent à jamais dans les oreilles de tous les êtres humains, qu'ils les aient entendues ou qu'ils en aient entendu parler! Cet homme était-il un doux rêveur, un apôtre de la non-violence ( tiens, comme par hasard ! ), un illuminé, un fou, un saint ? Quel qualificatif utiliseriez-vous pour un tel homme ? Pour ma part, je dirais que c'était un homme de foi, certes, mais éminemment réaliste.C'était même un pionnier (est-ce pour cette raison qu'il a été assassiné?), c'était un visionnaire, car il savait que pour que se mette en place une nouvelle réalité, il fallait rêver, c'est-à-dire imprimer de manière indélébile dans nos pensées ce grand projet d'une société vraiment humaine, solidaire, en paix avec elle-même, fraternelle !

Car, il n'y a pas plus réaliste que le vrai rêveur, celui qui utilise la puissance formidable de son imagination pour créer les mondes de demain. Comprenez-vous pourquoi j'écrivais dans ma dernière lettre que seuls le Rêve, l'Utopie et l'Imagination pouvaient nous sauver d'une nécrose proche? En effet, si nous ne sommes plus capables de rêver un monde meilleur, alors notre monde actuel est menacé à plus ou moins long terme de mort lente, de dégénérescence inéluctable... Dans ce monde si bien contrôlé, uniformisé et policé, n'avons nous pas oublié de rêver, ou plutôt ne nous a-t-on pas dérobé cette belle faculté créatrice ? Alors, je vous propose de rêver ensemble, non pas pour se satisfaire d'un plaisir facile et bon marché, mais pour commencer à restaurer notre souveraineté. Car c'est aussi par ce chemin-là que nous pouvons y parvenir.

Il me revient à la mémoire un jeu que m'avait proposé un ami de mes parents, le sculpteur Vincent Batbedat, homme aussi original et créatif qu'indépendant d'esprit. J'étais en première année de Philosophie et les événements de 1968 faisaient l'actualité. Il m'a invité a rédiger une nouvelle déclaration des droits et devoirs de l'être humain. Etonné, un peu déstabilisé mais très excité pas sa demande, je me suis exécuté. Je ne sais plus aujourd'hui ce que j'ai fait de cette liste, mais l'événement est resté dans ma mémoire comme un moment indélébile , tout comme la fameuse phrase de Martin Luther King. Y avait-il une meilleure idée, un meilleur "jeu" que ce que Vincent m'a proposé à mes 18 ans ? Aujourd'hui, à 62 ans, je n'ai pas oublié et je suis encore plus déterminé qu´à cette époque-là, car ce rêve, je devrais dire mes rêves, ne m'ont jamais abandonné, même s'ils ont été mis en veilleuse, comme on le dit trivialement.

Maintenant, je vous propose mon rêve et je vous mets au défi de proposer le vôtre ! Je rêve d'un monde uni mais gardant toute sa diversité, je rêve d'une société apaisée mais non uniforme, où chacun trouverait sa place, sa partition à jouer , dans la joie et l'accomplissement de ses propres potentialités, un monde où nul n'aurait besoin de lutter pour sa survie ou de mourir faute de nourriture, de soins, d'affection et d'amitié. Un monde où tous les êtres vivants seraient protégés dans leur diversité et leur spécificité ( en multipliant entre  autres les sanctuaires pour les plantes , les arbres et les animaux ). Je rêve d'une humanité qui construirait paisiblement son futur, qui penserait son destin comme une évolution sans fin , où chaque pas, chaque progrès serait comme un affinement toujours plus réussi, un épanouissement et un accomplissement toujours plus grands, une joie toujours plus ample, dans une confiance sereine vers une perfection toujours plus maitrisée de son être même. ( Relisez à ce propos Sri Aurobindo dont les écrits  nous parlent des siècles à venir !...)

Bien sûr, un tel monde induit assurément une vision profondément écologique ( retrouver notre équilibre dans et avec la nature, sans laquelle rien n'est possible sur cette Terre !). Mais, ceci n'est qu'une simple esquisse.

 A votre avis, un monde semblable est-il si inaccessible ? Avant de vous précipiter pour répondre à cette question, assurez-vous de votre "bonne foi". A votre avis, tout cela est-il si fou, si irréalisable que cela? Je ne le crois pas, mais il y a une condition, une seule pour le voir se réaliser:  il faut le vouloir ( c'est-à-dire être assez nombreux à le vouloir), vraiment le vouloir ( profondément, de tout son coeur ), et nous trouverons ensemble les moyens de le réaliser!

Nous ne sommes pas assez nombreux à le vouloir ? Bien sûr que si, mais vous n'en êtes pas conscients, nous n'en sommes pas conscients, ou bien nous n'osons pas, nous n'avons pas la foi en ce que nous désirons, nous sommes impuissants à réaliser ce qui nous tient le plus à coeur. Quel dommage, n'est-ce pas ? Et surtout, ne venez pas me dire que je suis un doux rêveur, naïf et utopique, car cela vous dédouanerait de vos propres  responsabilités et vous rassurerait ! Cela vous éviterait de voir que vous avez démissionné de tous vos idéaux et de tous vos projets. Pourquoi, mais pourquoi ? Vous ne voulez pas comprendre où se situe le problème ? Votre problème, notre problème, celui de tous les êtres humains à ce sujet est simple et se résume en un seul mot: conformisme. ( La vigilance est de mise ici, car cette attitude prend plusieurs visages aussi divers et déroutants les uns que les autres : habitudes de vie, facilité, confort bien sûr, lâcheté, peur de l'inconnu, instinct grégaire, peur du "qu'en dira-t-on", refus de se poser des questions ou de se remettre en question, tradition, immobilisme, etc...vous pouvez allonger la liste à votre gré! )

Le conformisme, c'est l'abandon de notre autonomie, le défaitisme généralisé déguisé en "pseudo-réalisme", c'est aussi la lassitude face aux difficultés de l'existence (difficultés créées et entretenues par ceux qui sont bien contents de manipuler une humanité docile, domestiquée, anesthésiée...) Le conformisme, c'est aussi l'acceptation sans conditions de tout ce qui nous est présenté , en commençant par les facilités offertes par la technologie au service...non pas des gens mais de ses propres intérêts (en somme de ceux qui sont aux commandes de notre société )... et surtout maître du comportement de l'ensemble des êtres humains à travers toutes les innovations plus belles, plus "utiles" et performantes les unes que les autres. Nous rendons-nous suffisamment compte du degré de dépendance auquel nous sommes parvenus et qui pour beaucoup d'entre nous ( je pense aux plus jeunes ) constitue presque un point de non-retour ?

Au lieu de développer nos propres facultés humaines intérieures ( télépathie, clairvoyance, clairaudience, télékinésie, etc...la liste est loin d'être exhaustive ! ), nous nous sommes laissés séduire par leurs substituts externes, matériels, technologiques...Imaginez maintenant : si l'humanité, au lieu de prendre le chemin extérieur, celui de la matérialité et donc de la facilité, avait choisi le sentier de l'intériorité, elle en serait à un autre niveau de son évolution !  Non seulement, elle serait autonome et souveraine mais en plus elle serait heureuse, épanouie et en route vers une plus grande parousie !

Ceci est mon rêve ! 
Où est le vôtre ?


16.05.2012

Emergence de l’homme nouveau (suite et fin)


  

"Le XXI ème siècle sera le siècle de l’intériorité ou ne sera pas !"


Aujourd’hui, y a-t-il de nouveaux territoires à explorer, de nouveaux horizons à découvrir ? Le moindre recoin de notre planète est désormais cartographié. Où que l’homme aille, il retrouve ses propres  pollutions, ses pochettes en plastique de supermarché avec lesquels il fait ses achats de consommateur assidu et blasé. Ses déchets le suivent comme son ombre, la partie sombre de lui-même dont il n’arrive pas à se débarasser... Pauvre humanité qui n’a plus rien à espérer que la monotonie de son existence réglée par les diktats d’un système de société banalisant tout y compris les plaisirs et les loisirs. Société qui va même jusqu’à nous imposer ce que nous devons penser et ce à quoi nous devons croire...

Certes, ces nouveaux territoires existent, mais pas où on les cherche de manière compulsive et maladive. Les nouveaux territoires sont intérieurs. Ainsi, pour reprendre une formule célèbre, le XXI ème siècle sera le siècle de l’intériorité ou ne sera pas !

Selon les dires des spécialistes de la recherche spatiale, nous ne sommes pas encore en mesure d’explorer les espaces interplanétaires, a fortiori interstellaires.C’est une bonne chose, car ça nous laisse le temps de nous pencher sur nous-mêmes et d’explorer nos espaces intérieurs, que des sagesses anciennes ont déjà commencé à défricher. Acquérons tous un peu de sagesse avant d’aller voir ailleurs ce qui s’y passe et afin de ne pas continuer à  “polluer” l’espace extra-planétaire ...qui l’est malheureusement déjà avec nos satellites rouillés et usés !Les explorateurs de l’intériorité ne doivent plus être seulement quelques courageux pionniers ( chercheurs individuels et anonymes, nonnes, moines, yogis, ascètes, penseurs, poètes, artistes, sages de tous temps et de toutes cultures...) mais nous tous en tant qu’individus responsables d’eux-mêmes, afin d’acquérir un minimum de “maîtrise” de nous-mêmes, ce qui ne pourra que rejaillir de manière positive sur l’humanité toute entière et aider à l’émergence de ce monde nouveau auquel nous aspirons tant!

Redécouvrons l’homme, l’individu, que le XXème siècle  a abandonné sur l’autel de la collectivité, laquelle n’était qu’un concept, une illusion pour éviter de prendre les vrais problèmes à bras-le-corps. Si l’homme ne se change pas lui-même, quelle prétention a-t-il de vouloir changer le monde ? Ne cherchons pas à changer les autres et notre environnement avant d’explorer qui/ce que nous sommes . Qui sommes-nous, que sommes-nous, de quoi sommes-nous  faits ? Sommes-nous un agrégat d’éléments qui n’ont rien de particulier ou de propre en soi, comme le pensent les Bouddhistes, ou bien y a-t-il une identité propre à chacun d’entre nous ? C’est la grande question de ce XXIème siècle pour tous les individus, et il nous faut l’approfondir, l’explorer à défaut de trouver une réponse nette et définitive !

Sommes-nous des “monades”, pour reprendre l’expression de Leibniz, ou bien seulement le produit ( hasardeux ?) de certaines conditions biologiques ( notre patrimoine génétique ) et sociales/terrestres ( notre monde et notre culture environnants ) ? Ce qui est intéressant à constater, c’est que si on lit/écoute attentivement ce que nous disent les Bouddhistes, nous comprenons alors qu’ il nous faut découvrir quelque chose au-delà de toutes nos illusions, fantasmes ou masques, derrière toutes nos constructions mentales, que cela ne peut pas être clairement défini ni identifié en termes humainement compréhensibles mais que cela existe bel et bien ! Et c’est même cela qui constitue notre véritable réalité, “identité”. En bref, sommes-nous une partie de l’Energie Universelle qui s’est cristallisée ( incarnée )  dans un espace limité ( un corps ) et un temps défini ( un nom, une identité ) et qui a pour tâche de redécouvrir sa véritable origine et peut-être sa véritable généalogie à travers ses multiples pérégrinations dans les diverses  dimensions/réalités du Cosmos? En d’autres termes, sommes-nous des “monades nomades” ? ( Pardonnez-moi cette contrepèterie ! )

Quoi qu’il en soit, la réponse à cette question ne peut pas se trouver à l’extérieur de nous
( religions, cultes et croyances imposés toujours et encore aux hommes de tous temps et en tous lieux ) mais en nous par une recherche obstinée et permanente. Il nous faut tout effacer, tout oublier de ce qui nous a été imposé et refaire le même chemin qu’un certain Siddharta, fils de roi, né en Inde quelques siècles avant l’ère dite chrétienne, qui a tout rejeté pour effectuer une quête personnelle, que personne d’autre ne pouvait faire à sa place, quelqu’un qui a écouté et suivi les meilleurs ascètes et sages de l’époque, un homme qui ne s’est pas contenté des réponses qu’il obtenait auprès d’eux, quelqu’un qui a combattu jusqu’au bout, jusqu’à la victoire finale sur les mirages et illusions de toutes sortes ( Mara ou Satan ) et qui s’est éveillé un beau jour en disant: “Ça y est, j’ai compris qui je suis, ce que je suis, ce qu’est l’être humain et ce qu’il fait sur Terre!...Mon devoir désormais est d’en faire profiter mes semblables !”

Mais, en même temps qu’il se faisait ce serment à lui-même, il a toujours dit et répété inlassablement : “Ne vous contentez pas de mes paroles! Certes, mon expérience constitue un espoir pour mes semblables, mais c’est à vous, à chacun d’entre vous de faire l’expérience par lui-même. Et si jamais un jour vous rencontrez le Bouddha sur votre chemin, tuez-le !” Bien entendu, il utilisait le verbe “tuer” comme le font les psychanalystes lorsqu’ils évoquent “le meurtre du père” ! Ainsi, vous comprenez bien ce qui vous/nous incombe. Ce qu’a effectué le Bouddha, tout le monde, chaque individu, a la possibilité de le réaliser, à condition de le vouloir réellement, profondément et absolument, de ne vouloir que cela et rien d’autre que cela !


 Par les temps qui courent, seul un “retrait en soi”, un léger pas de côté, peut nous libérer de l’agitation et la confusion actuelles ambiantes, ceci afin d’accéder à l’éveil véritable, c’est-à-dire à la vraie liberté, à la souveraineté totale !


26.04.2012

Emergence de l'homme nouveau: pour une "révolution" spirituelle


Emergence de  l’homme nouveau : pour une “révolution” spirituelle.

Pour faire émerger un monde nouveau, il nous faut tout d’abord faire croître un homme nouveau. Car nous avons pensé naïvement qu’il suffisait de proposer un “idéal” de société aux hommes  pour qu’ils y adhèrent tous spontanément. En somme, “nous mettions la charrue avant les boeufs”, oubliant qu’il n’est pas aussi aisé de changer la “nature humaine” faite essentiellement d’habitudes et d’automatismes acquis tout au long des siècles et des millénaires de l’histoire connue de l’humanité. Sans l’apparition d’hommes “nouveaux”, qu’espérons-nous changer de notre environnement ?

En réalité, il nous faut réaliser une “révolution” beaucoup plus radicale que celle collective socio-économique et idéologique des penseurs dits “révolutionnaires” mais en même temps infiniment plus pacifique que celles dont l’histoire a été jusqu’à présent le témoin: je veux parler d’une “révolution”  intérieure et individuelle, pour laquelle personne ne peut s’ériger en censeur, inspecteur ou évaluateur.

De cette “révolution” intérieure, que nous pourrions appeler aussi spirituelle, nombreux sont les instigateurs et penseurs plus ou moins connus: Sri Aurobindo et à sa suite Mère et Satprem, le disciple de cette dernière,  Teilhard de Chardin, le Mahatma Gandhi, Krishnamurti et bien d’autres encore ( la liste est en réalité très longue si l’on pense à tous les “chercheurs de l’intériorité” de toutes les cultures existantes de notre planète! ) que nous aurions intérêt à lire, par les temps qui courent, car ils nous parlent tous à leur manière de la prochaine étape évolutive de l’être humain !... Cette “transformation” ne peut être que verticale, car elle doit nous permettre  d’accéder à d’autres dimensions et niveaux de conscience non seulement de la réalité mais aussi de l’être humain. Elle doit nous permettre de faire croître et d’exprimer d’autres valeurs que celles qui ont cours actuellement dans notre monde “globalisé” ( et non unifié ! ), fondé principalement sur des rapports de pouvoir et de domination ( d’où l’échec prévisible des tentatives passées de changement qui se fondaient sur une logique de permutation : une fois la noblesse et la bourgeoisie écartées, le prolétariat, comme “sauveur” de l’humanité, imposant sa loi aux autres classes sociales !...).

Ce qu’il nous faut comprendre désormais pour ne pas retomber dans les mêmes impasses, c’est la nécessité absolue et vitale de changer ce type de rapports entre les êtres humains.
Aujourd’hui, comme par le passé d’ailleurs, ce qui mine notre monde et la coexistence entre les êtres, c’est le désir d’élitisme, qu’il ne faut pas confondre avec la volonté de rigueur  et d’exigence ( vertus qui ne s’adressent qu’à nous-mêmes ! ). L’élitisme signifie écarter les autres, pour asseoir sa propre puissance. Ainsi, selon cette logique qui dirige toujours notre monde, il y a des “gagnants” et des “perdants”, des gens “doués” et d’autres “ordinaires”, des “malins” et des “naïfs”, des riches et des pauvres, des dominants et des dominés ( la fameuse dynamique du maître et de l’esclavce si bien démontrée par Nietzsche ! ). Cette dynamique, cette vision doivent  être brisées si nous voulons réellement accéder à un autre niveau de notre “humanité”.

Ainsi, ne confondons pas élitisme ( synonyme de“sélection”) et volonté de perfection ( qui ne s’applique qu’à nous-mêmes ! ) Et si nous tenons absolument à parler de pouvoir ou de puissance, alors tournons-nous vers notre intériorité et travaillons à développer  cette belle qualité ou vertu que constitue la maîtrise de nous-mêmes. Par cette expression, j’entends non pas un contrôle de soi ( qui serait encore une autre forme d’oppression... envers nous-mêmes),
mais la découverte et le développement de nos qualités intrinsèques pour notre plus grand bien et celui de tous ! Et s’il y a combat, ce ne peut être que le plus héroïque qui soit
( correspondant à la “virya-pâramita” des Bouddhistes ), celui qui nous pousse à nous améliorer sans cesse ( le vrai “djihad des Musulmans et non celui dévoyé des “Talibans”!) , celui qui nous  propulse vers le stade le plus élevé, le plus évolué de notre humanité !

Un homme nouveau ou un être humain nouveau ( la langue française étant malheureusement encore “sexiste”, puisqu’elle  oblige à utiliser le masculin pour parler de l’espèce humaine ! )
n’a rien à voir pour moi avec tous les rêves ou fantasmes eugéniques d’hier et d’aujourd’hui, car ce n’est pas artificiellement par des manipulations dites “génétiques” que l’on créera un homme nouveau. Le “génétique” suivra l’intention et non l’inverse ! Car toutes les transformations, quelles qu’elles soient, ne peuvent se faire que de l’intérieur, au sein de notre biologie, de notre ADN, par un labeur/labour spirituel sur nous-mêmes ( je ne parle pas d’ascèse ! ), par une sorte de retour à notre intimité. Nous avons perdu le contact avec nous-mêmes, nous sommes devenus incapables d’amitié avec l’être le plus proche qui soit, à savoir notre “soi” !

                                                           A suivre...

20.04.2012

 "Parti, parti, parti vers l’autre rive, débarqué sur l’autre rive ..."


Gate, gate, paragate, parasamgate, bodhi, svâhâ!”, c’est-à-dire  “Parti, parti, parti vers l’autre rive, débarqué sur l’autre rive, ô Eveil,  il en est ainsi !” !  Ce mantra,  rédigé en sanskrit , clôture le plus court sûtra  (texte ) de la foisonnante  “littérature” Prajnâ-Pâramitâ du Grand Véhicule bouddhique. Ce  texte qu’on nomme si bien Prajnâ-Pâramitâ-Hrdaya-Sûtra, c’est-à-dire le Coeur de la Vertu de Sagesse” et dont j’ai proposé une traduction en français il y a près de 40 ans ...concerne ce qui devrait être l’objectif principal des êtres humains pour les Bouddhistes, à savoir l’Eveil total !

En 1974, Patrick Kauffmann, le Directeur de la publication de la  modeste revue La Pensée bouddhique  me demandait de rédiger un article pour le numéro 4 . Quelle fierté et quelle excitation pour le jeune étudiant en Philosophie bouddhique que j’étais à l’époque : écrire aux côtés du Maître Zen Deshimaru! Je lui proposai donc de “revisiter” un petit texte, dont
j’ai découvert quelques  années plus tard qu’il représentait pour les adeptes du Grand Véhicule ce qu’est le “Pater Noster” ou l’ “Ave Maria” pour les  catholiques!...

C’était il y a 38 ans ! Pourquoi  parler aujourd’hui de ce mantra qui ne peut intéresser que quelques passionnés de sagesse bouddhique ?  Parce que ce que j’ai vécu il y a dix jours me montre que rien dans la vie n’est inutile, tout a un sens et une fonction précis, tout est approprié ! Le 9 avril 2012, mon beau-père Zeki Bey, un homme remarquablement bon et juste, s’est éteint, comme le fait une bougie lorsque la cire s’est consumée. Une espèce d’êtres humains en voie de disparition, dans tous les sens du terme, puisqu’il appartenait à la "tribu" caucasienne des Ubuh, un des derniers survivants de la tragique déportation ( on parle même de génocide ! ) des Circassiens au XIXème siècle. Vivre la mort en direct, la voir en face , est un grand privilège, même si l’événement est fortement éprouvant .

Quel lien avec ce mantra? Jeune, quand j’étudiais la philosophie bouddhique, j’étais très fier, parce que j’avais l’impression d’être quelqu’un de “différent” à qui est révélée une connaissance ardue et hermétique. J’avais une approche essentiellement intellectuelle, mentale ! Aujourd’hui, avec le recul de l’âge, cette approche me semble prétentieuse et je préfère vivre tout ce que j’ai étudié pendant tant d’années !

J’ai vu mon beau-père quitter notre monde, cette rive-ci, sur laquelle nous, les êtres encore vivants et incarnés, nous nous trouvons... pour rejoindre l’autre rive, celle que nous ne pouvons connaître vraiment , celle que nous ne pouvons qu’imaginer si nous avons foi en un au-delà !

Et j’ai compris quelque chose de fondamental: pour pouvoir “vaincre la mort”, il nous faut cesser de la craindre...et la seule voie possible est celle du détachement. Se détacher de tout !
Le plus fort des attachements est constitué non pas par les possessions matérielles mais par les liens affectifs et mentaux. Car, être détaché de tout, même et y compris de nos “croyances” et opinions, est la voie de la liberté totale. En somme, il nous faut “mourir” avant la mort; pour cela, il nous suffit de la prendre “de vitesse”. Ainsi, quand viendra le moment de notre mort, nous serons parfaitement sereins et détachés. Cela ne peut se faire que par une pratique de déconditionnement progressif de tous nos attachements.

Avec cet événement, j’ai , en effet, compris que la mort doit être une sorte d’illumination, l’éveil à une autre réalité !

Vivre la mort d’un être cher et proche m’a rapproché davantage de la sagesse bouddhique, qui a  une vision profondément juste et “réaliste” de cet événement, vision dont nos sociétés modernes déconnectées de la Nature nous ont éloignés. Certes, les Bouddistes, par l’intermédiaire des Tibétains, sont des “spécialistes” dans ce domaine, puisqu’à la suite des Egyptiens, ils nous ont proposé leur fameux Bardo Thödol  ( Le livre des morts tibétain ),
“revisité”  en 1993 par Sogyal Rinpoché dans son ouvrage intitulé Le livre tibétain de la vie et de la mort  ( Editions de la Table Ronde ).

Je ne tiens pas à reprendre ici les “poncifs” de la Philosophie  classique concernant  le thème de la mort, je conseillerais plutôt de l’aborder avec un autre regard, moins conventionnel et peut-être tout aussi instructif, celui que nous proposent des médecins occidentaux contemporains, comme l’américain Dr Moody dans son célèbre livre La vie après la vie
( Ed. Laffont ) ou bien le Dr Elisabeth Kübler-Ross en Suisse , ou encore l’infirmière Maguy Lebrun en France. Enfin, pour ceux que la littérature de “canalisation” appelée New Age           ne rebute pas, je leur conseille de lire le passionnant ouvrage de Neale Donald  Walsch
intitulé Retour à Dieu, une vie sans fin ( Editions Ariane,2006, Canada). Ils y touveront
peut-être ce que nous cherchons tous sans l’avouer : un réconfort !

Güle güle, Zeki Bey, görüşmek uzere !  Au-revoir, Monsieur Zeki et à bientôt !




26.03.2012

Vous avez dit scientifique ?


Faire émerger un monde nouveau

Vous avez dit scientifique ?

Oui, il y a des choses qui m’irritent ! Par exemple, l’ attitude inconsciente des gens qui ne se rendent pas compte de la gravité de notre situation concernant l’état de la planète ainsi que les dangers indéniables (malgré les paroles rassurantes de scientifiques inconscients ou “achetés”  ) de l’énergie nucléaire.
De même, le “scientisme positiviste” qui a encore cours dans les sphères scientifiques officielles et  qui influence de manière négative nos mentalités. En effet, si vous n’avez pas une “approche scientifique”, vous n’avez pas le droit à la parole ou bien vous êtes considéré avec dédain et ironie sarcastique. C’est une attitude qui est d’ailleurs si bien ancrée dans “nos mentalités  françaises” que tout un chacun quelque peu “sérieux” se doit de regarder avec suspicion tout ce qui ressemblerait de près ou de loin à  une opinion non conforme avec la “pensée officielle”.

C’est pourquoi, aujourd’hui, j’ai décidé de parler d’un domaine qui est à la fois décrié par les esprits “bien-pensants” du “sérieux scientifique” , adulé par Monsieur-tout-le-monde, en un mot méconnu et incompris par la grande majorité des gens: l’astrologie .
Pour  ceux qui veulent aller un peu au-delà des apparences, des jugements hâtifs ou des réactions de rejet, l’astrologie fait, pour moi, partie de ces “disciplines émergentes” ( pour reprendre une expression de Jean de Larche, que je présenterai plus loin ) que l’être humain
de demain approfondira pour son plus grand bien.

Il est hors de question, pour moi, de perdre son temps et son énergie dans des polémiques stériles au sujet de la “scientificité” ou la “non-scientificité” d’une telle discipline, il me suffit
de la pratiquer afin d’en découvrir l’aspect hautement initiateur et profondément symbolique
concernant la personne humaine, la vie, l’existence, le monde...

Certes, il y a de nos jours toutes sortes d’astrologie, puisque , malgré les anathèmes ou “fetwa” des scientifiques, cette discipline se porte parfaitement bien. A propos de n’importe quel mode de connaissance de l’humain, ne vous demandez pas comment ça marche mais si ça marche. Les millions d’utilisateurs de l’ordinateur, du téléphone portable, de l’i-phone ou de l’i-pad ne se posent pas de questions. Ils l’utilisent, un point c’est tout !...

Pour cette septième “lettre”, je voudrais rendre hommage à un auteur peu connu du grand public, contrairement aux noms plus médiatisés comme Hadès ou Elisabeth Tessier, mais qui a réellement apporté un souffle nouveau à ce domaine: Jean de Larche. Cet orientaliste, philosophe, poète et astrologue depuis plus de 60 ans, a pris un nom de plume pour “révéler”
à ceux qui s’intéressent à ce domaine un visage à la fois plus universel et plus révolutionnaire: l’Astrologie Transcendantale.

Jean de Larche a rédigé des ouvrages  fondamentaux (*) d’une grande rigueur intellectuelle et d’une grande profondeur spirituelle concernant ce qu’il appelle la “discipline émergente” du XXI ème siècle ainsi que des découvertes essentielles pour faire accepter à la communauté spécialisée l’existence de 2 nouvelles “planètes maîtresses”  Cérès et Koré, afin de compléter le Zodiaque universel basé sur le 12 : 12 signes astrologiques, 12 maisons ou domaines de l’existence, 12 planètes-maîtresses !

Dans son ouvrage  intitulé L’itinéraire Verseau, précis d’Astrologie Transcendantale
( Editions ASPHODELE, 2000 ) que je considère pour ma part comme le plus percutant et le plus complet, il parle de l’astrologie  à la fois comme d’une science, d’un art  et d’une sagesse.

Des trois langages symboliques universels, les deux premiers ( les mathématiques et la musique ) sont partiels parce qu’ils ne s’adressent qu’à un aspect de l’être humain: l’aspect rationnel et logique pour les mathématiques, l’aspect sentimental et émotif pour la musique. En revanche, le langage symbolique universel qu’est l’astrologie est complet parce qu’il s’adresse à l’homme total, à l’homme envisagé dans son intégralité, à l’homme comme entité multidimensionnelle qui doit reconnaître sa nature fondamentale afin que l’univers lui-même reçoive en retour les bienfaits de cet éveil conscientiel., écrit-il dans son introduction.

A l’avenir, n’en déplaise aux esprits chagrins, l’Astrologie Transcendantale fera sans doute partie des matières étudiées dans les Ecoles du Futur ...
Pour les personnes non initiées et qu’intéresserait ce mode de connaissance et d’investigation qui demande une grande rigueur et une grande honnêteté vis-à-vis de soi-même, l’Astrologie permet à l’être humain une distanciation avec lui-même qu’aucune autre discipline ne propose actuellement. Mais attention à ne pas nous laisser enfermer dans ce que l’Astrologie  Transcentale elle-même ne considère que comme nos “tendances”. Tout en nous est susceptible d’évoluer et de se transformer. Sachons prendre conscience avec lucidité et détachement de ce qui nous anime et fait de nous des hommes en constante évolution. Sur ce point, nous pouvons faire un rapprochement avec l’esprit bouddhiste qui nous demande de nous désidentifier de nos réactions, sentiments et pensées parce qu’ils ne constituent pas notre être essentiel et véritable. Sachons reconnaître et apprécier nos “habits provisoires” pour ce qu’ils sont et continuons notre voyage initiatique et évolutif dans le Cosmos.


(*) Principaux ouvrages d’astrologie de Jean de Larche:
Astrologie transcendantale. Karma et régénération. Editions Dervy-Livres, 1985
Cérès, planète maîtresse du signe de la Vierge, Editions François de Villac, 1994.
Le Zodiaque astrologique originel. Initiation au mystère de notre incarnation terrestre.
Lulu , 2008.
Actuellement en cours de rédaction, un ouvrage essentiel sur Koré, planète maîtresse du signe du Taureau !

22.03.2012

Une révolution copernicienne concernant nos mentalités et nos valeurs


Faire émerger un monde nouveau

Une révolution copernicienne concernant nos mentalités et nos valeurs

Pour faire émerger un monde réellement nouveau, il nous faut effectuer “une révolution copernicienne” en ce qui concerne nos mentalités et nos valeurs. Il nous faut repenser notre regard envers nous-même en tant qu’individu, envers l’autre en termes de relations humaines, envers l’existence en tant que relation à la réalité et à l’environnement.
Il y a ainsi un certain nombre d’axes essentiels de réflexion à “revisiter”.
Puisque nous ne pouvons pas faire autrement que de vivre avec les autres, comment penser et gérer ce vivre-ensemble.?
Tout d’abord, partir de ce fait incontournable: nous sommes tous, en tant qu’êtres humains appartenant à une même espèce, faits de la même étoffe, nous sommes donc tous semblables,  que nous le voulions ou non !...même si nous pouvons nous réjouir en même temps de notre diversité.
Ce fait  est incontournable et indéniable, à moins d’être de mauvaise foi ou inconscient. Mais, il ne faut surtout pas passer trop vite sur cette constatation , sous prétexte qu’elle constitue pour un grand nombre d’entre nous une évidence. Il faut insister et s’arrêter sur cette évidence avant de  passer à l’étape suivante, conséquence  tout aussi imparable que l’ assertion: puisque nous sommes semblables, ce qu’on veut pour soi-même, et souvent c’est bien naturellement le meilleur, on doit le vouloir pour les autres, tous les autres sans exception. C’est le principe de réciprocité à la base de toute relation avec les autres.
Cette constatation est très lourde de conséquences et pleine de responsabilités vis-à-vis de soi-même et des  autres. Si je veux mon bien, je dois vouloir nécessairement le bien pour les autres, sinon je ne peux pas vivre avec les autres, je ne peux pas vivre en société.
Forts de ce principe, que tout le monde devrait se répéter à  longueur de journée, afin de ne pas tomber dans une somnolente amnésie due à notre désir de confort et à notre paresse, nous devrions être extrêmement  vigilants à l’égard de chacune de nos actions , de nos pensées, de nos paroles, de nos attitudes et réactions envers les autres.

Quels sont ces axes essentiels sur lesquels nous devrions faire porter nos efforts et notre attention ?
- en premier lieu, l’éducation, qu’elle soit faite au sein de la famille ou dans
des lieux de rassemblement , comme les institutions scolaires d’aujourd’hui.
Elle doit être revue de fond en comble. Ce que j’appelle pour ma part les
Ecoles du Futur ne devront plus être orientées sur l’acquisition de     
connaissances vagues et générales  que chacun peut se procurer aisément  . Elles devront être axées essentiellement sur le développement des facultés humaines, sur l’épanouissement  de la personne. Ainsi, des cours de yoga ou de méditation, par exemple, des cours de développement des facultés artistiques et des dons spécifiques à chaque enfant. Une approche des différentes sagesses et cultures du monde me semble également indispensable.
Elles devront insister  sur l’autonomie de l’être humain afin de le préparer à participer à la société en tant qu’individu autonome et responsable.

A titre d’exemples, il me suffit de citer quelques expériences réalisées un peu partout dans le monde et qui ne datent pas d’hier: Auroville, près de Pondichéry dans le Sud-Est de l’Inde, Summerhill, les écoles Montessori, etc... Expériences qu’il serait souhaitable de généraliser.
- en second lieu, la santé, afin que les malades de demain ne soient plus traités comme des “machines humaines” qu’il faut “réparer”. La santé du futur regardera notre époque , qui a la prétention de se dire “moderne” parce qu’utilisant la technologie, comme une période quelque peu “mécanique et inhumaine”  concernant l’approche des maladies et des personnes malades . La médecine “unique” d’aujourd’hui ( à l’image de “la pensée unique” ! ) empêche malheureusement les  approches “alternatives” de se développer. Nous consacrerons un écrit à la “guérison”, qui considère l’être humain comme un ensemble complet pneumatique et psycho-somatique.
- en troisième lieu, les relations humaines, la communication avec les autres, en somme ce que j’appelle le vivre-ensemble, qui nécessite de la part de chacun(e) un investissement et une responsabilisation concernant la chose publique, laquelle ne devrait plus ètre laissée entre les seules mains des “politiques”, mais gérée par tout le monde.
                        - en quatrième lieu, les conditions d’existence qu’il nous faut revoir de fond en comble en s’appuyant sur les propositions “raisonnables” d’un certain nombre de spécialistes que j’ai déjà mentionnés dans ma troisième “lettre”. Par  conditions d’existence, j’entends l’habitat, la nourriture et l’énergie.

                        Il est clair que nous sommes arrivés à un tournant de l’histoire de l’humanité
( appelez-le “la post-modernité” ou  “la fin des temps”, comme vous voulez ) et qu’il nous faut revenir à des valeurs essentielles de solidarité et de compassion, si nous voulons survivre en tant qu’espèce humaine.
Qu’on l’admette ou non, notre monde actuel est basé sur des schémas collectifs mentaux de peur et de jalousie, sur des relations de pouvoir et de suspicion. On s’est persuadé ou on s’est laissé convaincre que “l’homme est un loup pour l’homme” et que rien ni personne ne peut changer cette “réalité”.
C’est pourquoi, chacun d’entre nous a un travail à faire sur lui-même pour dénouer ses propres tensions, apaiser ses inquiétudes et guérir toutes les blessures qu’il a  contractées dans ses relations avec les autres.
Essayons de mettre en application les valeurs de confiance mutuelle et de transparence dans nos relations avec les autres: tout le monde ne  pourra que se sentir “gagnant”.
            Ça vous semble trop “beau”, trop simple(t) ? Je vous mets au défi de mettre en pratique ces quelques principes.

23.02.2012

Faire émerger un monde nouveau:
 De l'indignation à la souveraineté !

Je voudrais revenir sur ce que j'ai écrit il y a deux jours pour compléter et continuer la réflexion ...
Et surtout pour préciser une chose importante à mes yeux: l'attitude propre aux Bouddhistes que
je loue et que j'estime exemplaire dans notre monde moderne, à savoir la non-violence, n'est pas
une démission de la dignité humaine, bien au contraire. Il s'agit d'une attitude très exigeante envers soi-même.

Le suicide actuel de dizaines de moines et nonnes bouddhistes tibétains en réponse à la répression sauvage et au génocide culturel commis par le gouvernement et l'Etat chinois est un acte tragique que je déplore profondément mais qui ne peut nous faire oublier notre devoir de solidarité et de compassion envers tous les opprimés du monde entier pour quelque raison que ce soit !

Le mouvement actuel que l'on appelle les indignés et qui est un écho au best-seller mondial qu'est
le petit ouvrage “Indignez-vous !”de Stéphane Hessel, grand défenseur des droits de l'homme, est
pour moi exemplaire de ce point de vue et rejoint l'attitude bouddhiste par son aspect de résistance passive mais digne.

Car, comment ne pas s'indigner, en effet, devant le spectacle que nous offre notre monde actuel ?

Comment ne pas s'indigner quand on veut faire payer aux citoyens les plus pauvres les erreurs
et les malversations des organismes financiers qui se font avec la bénédiction de la grande majorité des dirigeants de notre planète ?

Comment ne pas s'indigner quand des millions d'êtres humains et d'enfants meurent de faim ?

Comment ne pas s'indigner quand on bafoue la dignité de l'homme avec la torture, la répression,
et la terreur , qu'elle soit d'Etat ou le fait de groupes organisés ?

Comment ne pas s'indigner quand la moitié de la population humaine, à savoir les femmes, est maltraitée, violée, ignorée ?

Comment ne pas s'indigner quand on torture et maltraite les animaux ?

Comment ne pas s'indigner quand on détruit notre planète ?

La liste est longue et il y aurait tellement à dire!...

L'attitude des indignés dont le mouvement s'étend de New-York à Tunis en passant par Damas et Madrid entre autres est un sursaut de l'être humain qui comprend qu'aujourd'hui si la “révolution” est dévaluée, parce qu'elle a apporté sa cohorte d'abus et de déviances ( de la Terreur révolutionnaire française à la dictature bolchévique ), cela ne signifie nullement que l'on doive accepter de se laisser exploiter et de perdre sa dignité et sa valeur en tant qu'être vivant.

Il s'agit pour l'homme de reprendre son pouvoir, celui qu'il a abandonné entre les mains des divers “leaders” ou des représentants élus ( la grande illusion que représente notre système démocratique parlementaire !) par négligence, paresse ou manque de confiance.

Pour moi, il est un concept qu'il faut réhabiliter c'est celui de souveraineté de la personne humaine, c'est-à-dire la responsabilité de se prendre en charge, de s'assumer et d'être autonome. Je préfère ce concept à celui d'autonomie ou de liberté, car il ajoute une valeur transcendantale et spirituelle supplémentaire.

L'indignation n'est que le premier pas vers la prise de conscience de l'être humain de sa propre responsabilité envers lui-même et le monde

L'indignation pour reprendre aux dirigeants le pouvoir qu'ils ont sur nous, pour redevenir de vrais acteurs dans la gestion de la Cité ( c'est-à-dire des conditions et des modalités de notre existence) , pour refuser d'être les intruments passifs et consentants de toutes les guerres, agressions, violences et injustices faites aux autres en notre nom, enfin pour construire une société responsable, mûre, fraternelle et solidaire et pacifique ! (*)

En somme, redevenons souverains, les souverains de nous-mêmes !


(*) A ce propos, le huitième chapitre de l'ouvrage de THICH NHAT HANH“La plénitude de l'instant” intitulé “Pour une société pleinement consciente” nous donne des suggestions intéressantes pour construire une société où les membres seraient en paix les uns avec les autres.



Remarque: ce blog utilise la langue française comme véhicule principal, mais il a aussi l'ambition
de devenir partiellement bilingue franco-turc afin de faciliter la communication avec les amis ou étudiants turcs plus à l'aise dans leur langue maternelle. Ma femme Ümit m'y aidera !
Dès à présent, j'attends vos commentaires en français ou en turc !